samedi 27 octobre 2007

BONHOMME

Une chose est sûre, nous passerons tous par là un jour : humains comme animaux.

Hier, 19 heures, selon notre habitude depuis presque 13 ans, nous sommes partis allégrement, mon chien Bonhomme et moi, pour notre deuxième promenade quotidienne. Tout se passe bien, Bonhomme s’agite fébrilement quand je lui pose sa laisse et il se précipite dehors avant moi dès que j’ouvre la porte.

La température est d’une fraîcheur idéale pour la marche. Tout se déroule rondement jusqu’à ce que je remarque que Bonhomme tire de la patte. Je m’arrête, il s’arrête. Je remarque qu’il vacille légèrement sur ses jambes. Je fais mon bon maître en lui demandant s’il y a quelque chose qui ne va pas. Je tire doucement sur la laisse en lui intimant l’ordre de continuer. Il reste immobile et me regarde. Il plie les jambes et se couche sur le bord de la chaîne de rue. Je constate que ça ne va pas bien pour lui.

Bonhomme, debout… Allons à la maison. Encore une petite tension sur la laisse, aucun résultat. Je tente de le soulever et le remettre sur ses pattes. Dès que je le lâche, il se recouche. Je me résigne à la transporter dans mes bras. Il pèse quand même 35 lbs, il est tout mou et je me rends compte que c’est pas la super-forme pour moi, je m’essouffle rapidement. Je décide de le déposer près d’un talus en retrait de la rue. Il y a un poteau métallique, j’y enroule sa laisse. Sait-on jamais un regain d’énergie! Je continue seul jusqu’à la maison où j’arrive en panique en disant à ma femme de s’habiller au plus vite car Bonhomme se meurt.

Vite à l’auto et nous retournons là où j’ai laissé Bonhomme. Il n’a pas bougé, mais il est toujours vivant. Nous le transportons dans l’auto et revenons à la maison pour appeler notre vétérinaire. La clinique était fermée car il est 20h15. Je trouve le numéro des urgences. C’est un bipeur, je laisse le message, on me rappelle quelques minutes plus tard. On nous attend. Nous sommes là 5 minutes plus tard…

Je trimbale Bonhomme dans mes bras, on nous ouvre la porte de la clinique, on m’indique une porte, j’entre dans le local, je dépose Bonhomme sur la table d’examen. La vétérinaire est déjà là, elle n’avait pas encore quitté la clinique. Elle procède à quelques examens sommaires. Il a la langue et les gencives blanches, signe d’anémie. Elle consulte son dossier sur l’écran d’un ordinateur… La clinique est plus à l’avant-garde que certains hôpitaux.

D’après elle, il fait une hémorragie suite à l’éclatement d’un organe interne (peut-être la rate) causée probablement par la tumeur qui été découverte en février. On ne peut l’opérer car il a un souffle au cœur. Vu son état anémique, il faudrait une transfusion sanguine qui retarderait de quelques heures la dégradation de son état.

Autrement dit, il n’avait plus rien à faire. Il ne passerait pas la nuit. Heureusement il ne souffrait pas. Nous avons donc pris la décision de le faire euthanasier. Ma femme est demeurée avec lui jusqu’à la dernière minute. Moi, je n’étais pas capable… Il faut une moumoune dans la maison…

Bonhomme va nous manquer!

Voici la chanson préférée de Bonhomme.

Beatles Barkers – I Saw Her Standing There

1 commentaire:

Olivier Lavoie a dit...

Très bien dit... les enfants vont s'ennuyer du chien qui pue... :)